lundi, 29 juin 2009

Parfois, piquer une gueulante, ça fait avancer les choses

...même en France, ce pays où la notion de service est quasiment nulle, et c'est normal, entre les situations de quasi-monopoles et l'administration omniprésente.

 

Souviens-toi que j'avais grogné contre les supermarchés en ligne, et tout particulièrement l'ex-mien, Houra pour le citer.

Entre temps, on s'est fâché, et je l'ai trompé; et puis carrément quitté.

 

Les supermarchés en ligne, c'est comme les constructeurs automobiles en ce moment : ils tentent à coup de triture-méninges marketing à deux balles de se racheter une conduite éco-citoyenne.

L'entreprise du 21è est éco-citoyenne (sinon éthique), ou sinon elle se fait montrer du doigt. Un nouveau moyen pour gagner les faveurs des consommateurs, comme dirait La blonde.

Il y a encore cinq ou dix ans, c'était le début des études marketing sur les alter-consommateurs : les annonceurs commençaient vaguement à écouter cette frange de sales bobos-écolos modérés (de la Madame Michu qui réfléchit plus que du berger du Larzac descendu en 68) qui  effectuaient leurs achats non plus seulement pour la marque et son univers, mais aussi en regardant les étiquettes de compo, et pis les emballages, et la toxicité du produit.

Non mais n'importe quoi, ceux-là, vraiment. Heureusement qu'à l'époque, c'était cinq pour cent du marché, non mais.

Mais voilà que ces crétins se sont mis à être de plus en plus nombreux, et que parfois, mon produit, on arrêtait de l'acheter parce qu'il y avait des OGM dedans, ou bien parce que la boîte elle pouvait pas aller au recyclage. On croit rêver, nan?

 

Ah, les années 70, 80 et 90, PVC, pétrole et toxiques à toutes les sauces, un peu de pub bien ficelée et bandante saupoudrée par dessus, et personne ne m'emmerdait, au moins au market' on pouvait s'éclater.  Les conso étaient bien contents d'acheter du jaune fluo, et du parfum synthétique, et du qui mousse, du qui pétille, du qui pique et du qui colore, et du qui détartre en trois secondes, et lave plus blanc que blanc et  du qui sent le mois d'avril et les embruns mieux qu'à port-la-moule, et du qui débouche à tout va. Et que je te balançais tout ça par la portière de la voiture ou que je te fourrais tout ça sans disctinction dans la grosse poubelle sans emmerder personne, ils étaient bien contents, ces niais, de pouvoir consommer-consommer-consommer, après 10 ans de rutabagas, de Dubon-Dubonnet, de Legal-Legoût et de sardines à l'huile.

Et puis en plus, on pouvait raconter n'importe quoi. Que la pâte à tartiner pleine d'huile de vidange, elle te faisait grandir ton gamin, que le biscuit blindé d'OGM et de graisses trans-saturées, il te lui donnait de l'énergie, et ils le croyaient, tous ces cons.

 

Maintenant, c'est fini. Non seulement mes bénéfices doivent être crédibles, mes promesses tenues et de mes RTB* tenir la route, mais en plus je dois remplacer l'huile de moteur par de l'huile d'olive, et puis devenir éco-citoyen. Faire gaffe à mes emballages, tout ça.

Tout fout le camp.

 

Bref.

 

Tout ça pour revenir à Houra.

Il y a quelques semaines, je recevais donc un email m'informant qu'effectuer mes courses en ligne, c'est méga-écologique : "un geste pour la planète", qu'y disaient.

 

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Ben ouais, que puisque que je ne prends pas ma voiture pour aller pousser le caddy dans les linéaires, vise un peu l'économie de CO2.

 

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Je rétorquais que :

1/ Houra dessert essentiellement du Paris-intra muros, qui de toute façon ne prend pas sa voiture mais fait ses courses aux Monop et autres Franprix du coin, sans oublier le marché le ouikenne, donc à pied,

2/ Les emballages et donc les déchets étaient monstrueux à chaque livraison : des tonnes de cartons pour parfois un seul produit tout au fond, bullpacks et scotch autour de toutes les bouteilles, de tous les flacons de produits d'entretien et autres conserves en verre.

Mamzelle Scarlett rajoutait aussi dans les comms que les camions de livraison réfrigérés, niveau CO2 et écologie, c'était pas piqués de vers.

 

J'avais même envoyé au service client d'Houra un message de foutage de gueule écolo.

Tu t'étais même interrogé sur l'éventuelle réponse : il était resté sans.

 

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Et puis en rentrant de ouikenne à rallonge avec Mister400 et MissCaca (je t'en causerai plus tard), regarde ce que je trouve aujourd'hui dans ma boîte :

 

 

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L'email ne dit pas ce qu'ils font des emballages : recyclés, réutilisés pour certains, ou salement jetés?

En tout cas, parfois, gueuler, ça sert.

Ca veut dire aussi que je n'ai pas dû être la seule à leur dire qu'ils prenaient un peu leurs clients pour des cons.

Et également qu'ils ont peut être (enfin) compris que le consommateur du 21è siècle n'avale (enfin) plus toutes les couleuvres qu'on lui sert.

 

 

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*Reason To Believe : ce qui fait qu'on va croire à la promesse annoncée