lundi, 10 mars 2008

La Colo - épilogue

 

Résumé du dernier épisode : miss 400 a détaillé par le menu à ses lecteurs la nourriture de la colo, du genre qui f'rait dégueuler un rat crevé.

N'y revenons pas, j'ai l'estomac fragile.

 

Cher lecteur, à la lecture des différents épisodes qui ont composé cette saga de la Colo, tu t'es fréquemment inquiété. Tu étais à 2 doigts (deux) d'appeler la DDASS.

Tu as crié aux parents indignes, au traumatisme freudien.

Tu t'es étonné que, conséquemment, je n'élève pas des escargots pour les faire périr dans les flammes dans d'affreuses souffrances (bien au contraire, t'as qu'à voir). Gnerk.

Je suis devenue anti-catho, végétarienne, globalement dissidente et assez misanthrope.

On peut pas tout avoir. 

 

Donc. 

 

Pour répondre à tes pressentes questions lecteur inquiet, oui, j'ai dû retourner dans cette colo tous les ans.

Jusqu'à ce que mort s'ensuive, non, mais jusqu'à ce que la DLC 400 clics soit atteinte. C'est-à-dire jusqu'à ce que j'atteigne l'âge de l'adolescence.

Pas d'ado aux Faucons. Jézabel!! 

 

Je te dirais que certaines tarées prolongeaient le plaisir en devenant aide-mono (de 15 à 17 ans) puis mono (à partir de 18 ans).

Y'a quand même des limites au masochisme judéo-chrétien.

 

 

Tu t'es aussi étonné de l'indifférence de mes parents face aux douceurs dont mère Pète-Sec nous comblait au quotidien.

Comme je te l'ai expliqué dans les commentaires, mes parents sont allé en pension catho après-guerre, bouffer des rutabagas et de la confiture moisie, et se lever au chant du coq pour aller s'agenouiller dans la chapelle glacée.

Tu vois le genre. Difficile de les émouvoir.

 

 

Néanmoins, y'a quand même un truc qui a agacé ma mère. Ca a dû lui rappeler le meilleur de Vichy et de je suis partout. C'est que chez moi y z'ont été assez trauma par l'occupation. Ma grand-mère, dans les années 90, les allemands elle les appelait encore les Boches.

Bref.

 

La première année, je te rappelle, j'étais chaperonnée par Marie-Cruche (qui quadruplait sa terminale). Plus bête que méchante.

La deuxième année, la mono était vraiment gentille. Elle nous faisait de gros câlinous, était marrante et on l'adorait.

La troisième année, on se tape une mal-baiz' aigrie, qui nous ravissait de diverses vacheries.

 

Voilà que miss 400 crie à l'injustice dans une lettre adressée à sa môman.

Que la mono elle est vraiment méchante.

Le courrier était affranchi avec les timbres donnés au préalable par papa-maman, et déposé par nos soins dans une grande boîte en bois, placée à côté de la porte du bureau de Mère Pète-Sec.

Le bureau de mère Pète-Sec était lui même situé à côté de la cuisine. Avec une porte qui communiquait entre les deux offices.

 

Voilà que quelques heures après avoir déposé ma lettre de complainte dans la boîte aux lettres de la colo, je me fais convoquer urbi et orbi par Mère Pète-Sec. Dans son bureau.

Gloups. Mes petites camarades me regardent avec compassion.

 

Mère Pète-Sec m'entraîne dans son antre. Elle passe derrière son bureau.

Mère Pète-Sec me regarde avec un sourire mesquin. Elle ouvre un tiroir et brandit ma lettre.

 

- Tu vois cette lettre. Je ne l'ai pas ouverte. Mais le Petit Jésus m'a soufflé ce qu'elle contenait.

Ouais c'est trop fort. Je regarde Mère Pète-Sec un peu blême mais affligée.

 

- Et je sais que dans cette lettre tu racontes à ta maman que ta monitrice n'est pas gentille. Mais je ne l'ai pas ouverte hein.

Je regarde la lettre. Elle est un peu gondolée. Comme dans les films, Mère Pète-Sec a dû la décoller à la vapeur dans la cuisine à côté.

 

-Voilà ce que je te propose. Je ne te punis pas. Mais tu vas réécrire cette lettre - bien que je n'ai pas lu son contenu. Et tu vas enlever l'histoire sur ta monitrice.

 

Eh ben j'ai réécrit la lettre, contrainte et forcée, en version édulcorée.

Ben cette histoire, ça a énervé ma reum bien plus que la langue de boeuf pourrie ou les jeux olympiques jansénistes foireux.

Comme quoi.

 

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Un instant de bonheur avec Pierre Perret qui chante les colonies de vacances. Nan, pour ta gouverne, Pierre Perret n'est pas un gros ringard. C'est un dissident poète qui a été souvent censuré pour ses propos osés. Voilà, c'est dit. Et sa version des colonies de vacances correspond bien à la mienne.