lundi, 30 novembre 2009
La cup est pleine!

Parfois, le doudou à oreilles rayées dépasse les bornes de la convenance,
voire frise le ridicule.
Ben oui.
Chez les 400 on mange bio, on je torche les fesses de MissCaca avec du coton biologique Max Haavelar, je lui mets des couches lavables, je lave mon linge sale en famille et avec de la lessive végétale et biodégradable, je parfume mon dressingue à l'huile essentielle de cèdre bio, et tu voulais quand même pas que je continue à polluer la planète avec mes ragnoutes?
C'est que j'ai un standing de bobo à tenir dans le 2.0, moi.
J'ai donc raqué ma Luna cup sur le net.
- "C'est quoi, la Luna cup, qu'il m'a demandé, Mister400.
- T'occupe, c'est un truc de filles, que j'y ai répondu.
- Parce que moi je connais l'America's cup, mais la Luna cup, nan", qu'il a enchaîné.
Pas de métaphores périnéales, là j'ai testé cash pour toi lectrice.
(Lecteur, tu peux poursuivre à tes risques et périls).
J'ai commandé la "taille 2", rapport que j'ai fait ma MissCaca.
Quelques jours après, elle est arrivée.
Pas MissCaca (elle est là, et bien là), mais la Luna.
Oh punaise.
Ah oui.
Ah quand même.
C'est que c'est gros, cette affaire.
Bon.
Attends, je vais quand même pas me dégonfler, après tout j'ai déjà vu pire
(je pense bien entendu au périmètre crânien de MissCaca à la naissance).
(Oh bon ça va).
Je lis d'abord la notice. En général, je suis pas très notice, plutôt instinctive. Mais alors là, j'avais besoin de me rassurer.
Elle m'a fait bien rigoler, la notice version teubé, donc tout de suite ça allait mieux.
On a même frisé le ridicule quand je me suis mise à faire bouillir la cup, comme indiqué, en touillant dans la casserole avec la cuillère en bois pour pas que la cup repose sur le téflon et se mette à fondre comme le chocolat pâtissier moyen.
J'ai encore bien rigolé, et puis j'ai arrêté tout parce que ça me gonflait, et que j'ai jamais demandé à personne de se la mettre à bouillir avant (j'aurais dû, parfois, pourtant).
Je lave la cup avec de l'eau et du savon et basta.
Et c'est parti.
Alors je plie la cup en deux comme indiqué.
Ca fait moins gros tout de suite je respire.
Je mets la cup et là rhaaaaa là c'est pas hyper simple tu vois.
Bon.
Ayé.
Aïe.
Le petit bout en plastoc censé te permettre de retirer le biniou sans douleur m'en procure une intense là tvois.
Je relis la notice.
Ah on peut en couper un morceau.
Je vais me gêner.
Je ressors le truc. Le lave (je suis propre comme fille). Je coupe.
Aïe.
Bon.
Ca va venir.
Question d'habitude.
On recommence.
Ca doit rester proche mais là c'est pas assez loin c'est clair.
Bon je retire tout.
Je relave.
Je remets.
Ah punaise ça commence à me gonfler.
HUIT fois je l'ai remise en place.
Et dire que je râle parce que je dois aller me faire trifouiller UNE fois tous les six mois par ma gynéco.
Ah cette fois on dirait que c'est bon.
J'en tire quand même une conclusion universelle :
Mon bobo, pour sauver la planète, parfois faut payer de sa personne.
Au bilan après 3x6 jours d'essai : c'est une technique à prendre, parfois ça se déplie pas bien dedans et c'est la fuite garantie et c'est chiant. Très.
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Et toi, t'as testé la cup?
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| Tags : luna cup, règles, ragnoutes, ragnagnas, j'aime les vampires et eux aussi m'aiment bien, t'en veux du gore en vla |
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mercredi, 28 octobre 2009
La fête à neuneu
Depuis que je suis revenue de la maternité (il y a plus d'un an quand même) je regarde la télé en moyenne 1h par mois.
Les mois fastes.
En général, si j'allume l'écran, c'est pour mettre les téléteubiz' à MissCaca, bien vissée dans sa poussette.
Elle adore et moi aussi parce que j'ai la paix cinq minutes. Sauf quand VilainNounou ou le Toaster fou apparaissent, c'est des hurlements de terreur qu'à chaque fois je crois que c'est le GIGN qui vient de débarquer dans l'appart' par les fenêtres du salon. Aaprès je suis obligée de la consoler et de regarder avec elle la suite du dévédé pour l'accompagner psychologiquement à la prochaine survenue de ces bâtards électroménagers à cul rose ou tête rouge débiles qui me gonflent, j'ai raqué dix euros pour avoir la paix une heure pas pour faire SOS Françoise Dolto je t'aide à dépasser tes traumatismes infantiles tous les quarts d'heure.
Le reste du temps, un petit docu animalier avec des lions qui dévorent gaillardement des fragiles et graciles antilopes après les avoir coursées la bave au coin des lèvres et la narine frémissante de haine sanguinaire ou avec des bébés dauphins qui s'échouent moribonds sur les plages (pour MissCaca toujours, autant la déniaisée sur la cruauté des espèces et la vanité de l'existence tout de suite).
Un soupçon de jité mais je préfère la radio.
Bon ben avec ça le compte est bon. J'ai vu un film en douze mois sur Canalplusse, Mister400 zéro, c'est ce qui s'appelle un abonnement rentabilisé.
L'autre soir qu'est-ce qu'il m'a pris, une soudaine envie de zapper avec MissCaca dans les bras, en aksèsspraïmetïme comme on dit dans les médias.
J'ai passé rapidement sur Un dîner presque Farpait spécial ado où un sosie de Béatrice Dalle du temps de 37°2 je lui mets un suppot de Doliprane, après avoir avoué à ses hôtes de terminale L qui achevaient repus leur assiette qu'elle leur avait fait bouffé de la cervelle de mouton en neuguetsse, remplissait des verrines pour le dessert à même le sol de la cuisine qui n'était pas sans rappeler celui des chiottes du tégévé paris-marseille en bout de ligne.
Je me suis arrêtée sur le rimèque de Tournez le oinj manège. Alors moi j'en étais restée à Evelyne Leclercq qui animait sur les accords endiablés de Charly Oleg une émission que je trouvais, du haut de mes dix ans, déjà un peu con-con. J'avais une connaissance des jeux amoureux somme toute assez limitée alors (à part un smack à un certain Laurent de CM1 l'année d'avant) mais il me semblait que les questions censées t'aider à trouver l'âme soeur parmi les célibataires du sexe opposé dans la case d'à-côté étaient quand même un peu niaises, et les réponses vaguement cruches.
20 ans plus tard (punaise, 20 ans), à part Cauet et plus d'orgue du tout, ça n'a pas changé.
Toujours de la culture :
- Si tu devais choisir un chtroumphe pour te marier avec, quel chtroumphe tu choisirais-tu?
- Euuuuuh...
- Ben t'as le choix, chtroumphe paresseux, grognon ou timide...
De l'amitié et de la solidarité féminine :
- En regardant votre voisine mesdames, dites à quel animal elle vous fait penser!
- Un crapaud!
- Un singe!
De la compréhension, de l'empathie, un pied d'égalité dans les rapports hommes-femmes, n'ayont pas peur des mots, un marchepied vers l'abolition du patriarcat multi-séculaire :
- Je suis au téléphone avec ma mère ou ma soeur, comment réagis-tu?
- J'arrache la prise du téléphone du mur!
- Tu te réveilles après une bonne cuite à côté d'une femme qui n'est pas moi, que fais-tu?
- Ben je lui propose de refaire ce qu'on a déjà fait toute la nuit!
Dommage, je me disais que je pourrais peut-être y inscrire la Blonde.
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J'ai eu ma dose de tévé, je vais finir les frères Karamazov.
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lundi, 28 septembre 2009
J'ai écrit au maire de Paris

Delanoë no pasara(n)
et il m'a répondu.
(Enfin, si ce n'est lui, c'est donc l'un de ses sbires).
Ecrire à un élu, j'avais jamais fait. Crois pas que c'est mon genre ce genre de missives.
Deux fois même qu'il m'a répondu.
La première fois pour accuser réception de mon courrier.
La seconde pour m'adresser une réponse détaillée et personnalisée.
Sisi. Le pouvoir proche du peuple genre, toussa*.
Pour poser les bases, Bertrand D., je ne l'aime pas.
N'y vois pas une prise de position politique ou sexuelle, rien à voir. La parole creuse, l'attitude arrogante, les décisions demago, il incarne tout ce que je déteste chez un Homme politique.
Par principe, je ne vais pas à Paris-plage, je ne monte pas sur un Vélib'. Et je vote toujours aux municipales (contre lui). Voilà.
(Le pire, c'est qu'avec la déroute du parti socialiste, tu vas voir que ce sera peut-être lui notre prochain président. Harg.)
Si tu n'habites pas Paris, tu ne sais peut-être pas que Bertrand a déclaré une guerre anti-voitures à Paris. (Et anti-scooters aussi).
De plus en plus de fourriérages et de PV. Chez les 400 on a un vrai budget pour ça. Deux fois par an environ, après avoir zoné 30 minutes, pas de parking Vinci à l'horizon, on finit par se garer illégalement derrière 20 voitures qui ont fait la même chose. On revient une heure plus tard et toute la file de voitures a disparue. A la fourrière. Là-bas sous le périph'. Il faut y aller en taxi (15 euros), attendre 1 heure au guichet dégueu, payer la fourrière (130 euros), et payer le ou les PV au Trésor (45 euros, à multiplier par deux souvent). T'as gagné ta journée, et t'es pas du tout, mais du tout énervé.
De moins en moins de places de parking (remplacés par des stations Vélib'),
et de plus en plus de couloirs réservés au bus et aux vélos.
Et pour ça des travaux partout, qui occasionnent des bouchons monstres depuis des années.
Des concerts de klaxons intempestifs, des comportements anti-civiques au possible, des insultes tout va, des excès de vitesse (pour manifester sa mauvaise humeur au volant et compenser le temps perdu).
Et en bas de chez moi (j'habite au dessus d'un carrefour et d'une rue très fréquentée), c'est un condensé de tout ça. Travaux. Bruits de travaux. Klaxons. Insultes. Non respect systématique des passages piétons.
Avant je m'en fichais.
Mais quand j'ai failli me faire renverser, enceinte jusqu'au yeux, par un connard fou qui m'a rasé le bide à 5 cm sur le passage piétons,
et puis quand, quelques semaines plus tard, avec MissCaca bien visible au portage, je me suis faite traitée de "sal°pe" parce que j'avais eu l'audace de m'engager sur un passage piétons et d'imposer à un autre connard fou de ralentir,
là,là, j'ai viré au rouge (à la place du feu qui aurait été bienvenu à cet endroit et ce moment-là).
(Je passe aussi les X fois où MissCaca a été tirée de son sommeil par les concerts de klaxons et d'insultes en bas).
J'ai donc écrit à Bertrand pour lui expliquer que, en l'essence (voitures-essence, hihihi), j'habitais une rue très fréquentée (trop de voitures qui vont trop vite), au dessus d'un carrefour non régulé par un feu tricolore (donc gros bordel, et grosses nuisances sonores) et que les passages piétons n'étaient jamais respectés (trop de voitures, pas de feu, trop de vitesse).
J'ai joué à mort la carte de la mère de famille et de bébé, la proximité d'écoles, toussa (section sécurité des jeunes citoyens et futurs électeurs/attendrissement).
Et puis comme Bertrand adore trouver des alibis bidons pour bouter les voitures hors de son territoire, je me suis dit qu'il serait ravi que je lui en fournisse un sur un plateau, pour pouvoir installer un joli nouveau feu pour que je puisse traverser tranquillou avec MissCaca devant chez moi.
J'ai donc reçu deux ou trois mois plus tard une réponse assez cocasse.
Mais nourrie :
"Chère Madame 400,
vous avez bien voulu attirer l'attention de Monsieur le Maire de mes fesses Paris pour...gnagna sécurité des personnes de la rue Schmurtz sise dans le nième arrondissement... blablabla.
La rue Schmurtz est calibrée à 5,50m environ (gnê? qué calibrage?). Elle est empruntée par trois lignes d'autobus qui y foutent la merde encore plus (je les prends quasi jamais car ils passent toutes les 7 minutes sur le panneau, mais toutes les 25 minutes IRL).
Il est vrai (quoi, j'ai l'habitude de raconter des craques pt'tete?) que la partie de la rue Schmurtz entre les rues Bidule et Machin n'est pas équipée en feu tricolore (bah moi un feu bicolore m'irait bien déjà, mais c'est moins patriotique c'est sûr). C'est donc la priorité à droite qui s'applique (oui bon, j'ai mon code aussi, merci. Donc la loi de çui qui klaxonera et insultera le plus fort pour réveiller MissCaca, on est d'accord) notamment au carrefour Schmurtz-Chose.
Toutefois, si on observe les statistiques des accidents sur la période 2006 à 2008, on ne constate que deux accidents au carrefour Schmurtz-Chose. (Normal, c'est tout le temps bouché rapport à la priorité à droite qui fonctionne pas vu la densité du traffic, c'est pas à 2 à l'heure qu'on va facilement faucher du piéton).
Par ailleurs, sur la longueur de la rue Schmurtz entre les rues Bidule et Machin, seuls 13 accidents (ohhh, seulement 13? Ah ben ça va alors...) ont été constatés sur la même période, avec comme cause essentielle l'alcoolisme et la vitesse. (T'es en train de me dire que c'est pas à cause des feux absents les accidents? Bah je suis sûre qu'avec un bon feu - même si t'as un coup dans le pif - tu t'arrêtes nan?). Trois piétons ont été blessés. (ohhh...c'est tout?)
Dès lors, on ne peut en conclure que la voie Schmurtz soit accidentogène (ah? il te faut combien de piétons renversés pour le dire alors) (tiens accidentogène, je le recaserai un de ces quatre). L'équipement en feu au carrefour Schmurtz-Chose n'est donc pas prioritaire** ça coûte trop cher et Bertrand a d'autres idées plus marrantes qu'un pauv'feu pour dégager les voitures de son fief."
Bon, pour le feu tricolore avec MissCaca, je crois que je peux me gratter.
Et toi, t'as déjà écrit à ton maire?
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* Tu connais ça ? : "La dictature c'est : ferme ta gueule. La démocratie c'est : cause toujours"
** En revanche Bertrand D. (ou son service) m'indique qu'une petite surélévation pourrait réguler la priorité à droite et freiner les ardeurs des automobilistes. Ce serait à l'étude (mouais).
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vendredi, 04 septembre 2009
J'achète des préservatifs à la mer

Durex, une marque testée et approuvée par la Blonde.
Avant que tu commences à lire ce (trop long) billet mon bobo, je dois te dire quelque chose.
Mister400 (qui est trop geek IRL) a raconté à la moitié de sa boîte et son entourage professionnel que sa femme avait un "blog de fille trop bien classé dans le ouiquio" (pfff n'importe quoi lui d'abord).
Non seulement il se fait mousser sur mon blog entre deux fanfaronnades sur ses dernières appli Iphone (le blog étant le dernier élément de guikerie qu’il ne possède pas personnellement), mais en plus à chaque fois il balance mon url.
Quand j’ai découvert ça je me suis un peu froncée du sourcil au nom de « je l’ai même pas donné à mon entourage pour pouvoir raconter ce que je veux de dégueulasse sur eux », « et ma liberté éditoriale d’abord ? » et de « Et qu’est-ce qu’il vont penser de moi tes collègues-eu ? »
- "Ah ben tu n’es jamais vulgaire dans ton blog", qu'il m'a répondu, Mister400.
(Euh oui d’accord mais je ne disserte pas sur le nihilisme nietzschéen au participe du subjonctif imparfait non plus).
- "C’est parce que tu ne lis jamais nichons ou bite c’est ça ? que j'y ai rétorqué.
- Meuh non tu ne PEUX PAS être vulgaire. Tu es fine et délicate par ESSENCE, qu'il a répondu.
- Moi d'abord j'aime pas l'essence. Ca pue", que j'ai conclu.
J’ai ajouté « tu viendras pas te plaindre si à la machine à café un jour ça glousse sous cape sur ton passage. »
Donc je t’avertis que :
1/ Dans ce billet tu liras à deux reprises le mot Bite
2/ Il sera question de seske
3/ Ce ne sera néanmoins jamais vulgaire, eu égard à l’impossibilité (selon Mister400) qu’une quelconque vulgarité émane de mon être. En conséquence, si telle évocation affleurait à ton esprit, elle n’en serait que l’expression de ta propre perversion. (J’adore).
Donc nous en revenons aux préservatifs.
Quand Mister400 et moi avons voulu fabriquer MissCaca, j’ai arrêté la pilule (ça aide, parfois).
Que je prenais de façon quasi-ininterrompue depuis 13 ans. Mon corps était tellement imprégnée de cette saloperie chimique que j’ai eu des symptômes de sevrage. Tsais, frissons, maux de tête, mini-malaises, la totale (nan, ça c'est autre chose deplus radical).
Genre deux ans plus tard j'aurais d'abord songé au virus du grouin-grouin.
Cinq jours après avoir mis au monde MissCaca, j’ai annoncé à la sage-femme de la maternité (celle qui vient discuter dans ta chambre de contraception avant ta sortie au nom de : « Vous savez que vous pouvez retomber enceinte très rapidement madame, je viens donc vous présenter les divers modes de contraceptions qui s’offrent à vous ») et à Mister400 que la chimie hormonale, ou même tout effort de ma part en matière de contrôle des naissances, c’était ni, fini.
Et que maintenant ça serait latex, latex ou latex (grimace de Mister400).
Ou rien. Et une petite sœur ou un petit frère pour MissCaca (acceptation immédiate du préservatif pour Mister400 dans un franc sourire).
Latex que je dois acheter, seule, en contrepartie. Mister400 n’achète pas de préservatifs. Aller à la pharmacie et poser une boîte sur un comptoir c’est trop pour lui. Chacun ses phobies sociales. Alors que moi je m’en fiche. Je suis même foutrement détendue de la boîte de préso en officine.
Pour notre dernière virée moules et mouettes, on a oublié la boîte de préservatifs à Paris avec Mister400.
Je me rends donc dans la pharmacie la plus proche pour quérir du condom, sans MissCaca que je laisse près de l'âtre.
J’entre. Je fais le tour de l’officine. Je commence à connaître les zones à préservatifs, un chouilla honteuses : tout en bas des étagères, près de la caisse sur le côté, ou dans les recoins.
Je cherche, je fouille, j'ausculte - et je ne trouve pas. J’en suis réduite à m’adresser au pharmacien campé derrière le comptoir.
Il est presque aussi large que haut : niveau format dirait une bite* d’amarrage posée sur le port du Havre. Il a un nez énorme, genre pomme de terre tchernobylienne, et injecté de vaisseaux explosés. Tu rajoutes à ça l'œil porcin, les dents de travers et un front duquel s’écoule une sueur abondante, et tu as le tableau.
Au moment où je vais lui demander où se trouvent les préservatifs, je me dis que son dernier (et premier) rapport sexuel doit remonter à 1970 (il avait saoulé sa cousine pour arriver à ses fins).
- Bonjour meussieu ? que je fais aimablement. Vous pouvez me dire où sont vos préservatifs s’il vous plaît ? Je ne les trouve pas.
- Vous ne risquez pas de les trouver, que me rétorque l’apothicaire sèchement.
- Ah, vous n’en vendez pas ? que j'hasarde.
- Si mais ils sont inaccessibles (rapport qu’un petit salopiot m’en a piqué une boîte l’année dernière pour se livrer à une fornication sauvage).
- Bien. Pourrais-je y avoir accès ? glissé-je (mes fornications ne sont point sauvages, je le jure, mon père, sur la tête de Sainte-Marie-de-la-Touffe).
- Non. Mais vous pouvez les regarder, ils sont là.
L’affable homme.
Qui s’écarte et laisse apparaître une cinquantaine de centimètres de linéaire derrière lui. Je me penche sur le comptoir et plisse les yeux pour apercevoir les facings des boîtes.
Je repère l’objet de ma convoitise.
- Je vais prendre euh la boîte tout à gauche, que je sussure.
- Laquelle ?
- La boî-te tout-eu à gau-che-eu, que j’articule.
- LAQUELLE ??? hurle l’apothicaire.
- Les euh kinnguesailleze que je marmonne.
- LES QUOI ??
- LES KINQ SIZE !
(ou comment tailler la réputation de Mister400 dans sa boîte sous un jour nouveau).
Il se saisit dela boîte et mate l'étiquette.
Tous les préservatifs sont à 10 euros. Les King Size sont étiquetés à 25.
Ben quoi ? Déjà qu’il baise pas le pharmacien, il ne va pas non plus faire de cadeau aux gros gabarits qui se la racontent.
- Euh attendez il y a un problème annone le pharmacien.
Ah ben oui essplique moi pourquoi ces capotes sont deux fois et demi plus reuch, ça m’intéresse.
(Enfin j’imagine que c’est bien ça le problème).
- Je vais appeler Jean-Luc il va s’occuper de vous qu’il ajoute.
(En vrai il s’appelait pas Jean-Luc mais j’ai toujours trouvé la contrepetrie truculente et ici fort à propos).
Un doute m’habite** : il y a un problème d’affichage de prix et il n’a pas le temps de s’en occuper ou il ne veut plus s’occuper de moi ?
Il appelle Jean-Luc. Qui arrive.
Jean-luc est un jeune préparateur de moins de trente ans. Bronzé aux U.V., le cheveux blond artificiel, la démarche dansante. Son orientation sexuelle est assez évidente.
L’honnête pharmacien a refilé la cliente débauchée, qui se roule dans le stupre avec de gros engins, au déviant seskuel de service. Que les pervers s’occupent des pervers. Et les honnêtes gens des honnêtes gens.
D'ailleurs le pharmacien me plante là et court s’occuper de « Meussieu Michu », un habitué, la soixantaine proprette, qui m’observe de toute sa hauteur, avec un regard de dédain profond et un brin offusqué. J’y lis quelque chose comme : ces parisiennes, toutes des putes.
Je gratifie meussieu Michu d'un gentil sourire forcé (mais oui meussieu, et je t'emmerde).
Meussieu Michu détourne le regard.
Jean-Luc m’adresse un grand sourire, il galope en réserve, s’agite derrière des livres de compte, disparaît 10 minutes. Je l’attends sous la clim qui tourne à plein régime (il y a toujours une clim chez les pharmaciens, pour faire tourner les virus et te faire attraper froid, histoire d’écouler le stock de Sterimar, ProRhinel et autre Strepsil. Les pharmaciens sont des commerçants, aussi). Marmonne finalement à l’oreille du pharmacien qui secoue la tête négativement.
Jean-Luc m’annonce gentiment que la boîte est bien à 25 euros. Il semble un peu désolé. Il n’a pas de produit équivalent à me proposer.
J’ai pas tout compris.
A part que le pharmacien est un con frustré.
Et que Jean-Luc ne doit pas s’amuser tous les jours dans l’officine.
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* Et de un.
** Et de deux.
P.S. Mister400 a lu ce billet (écrit sur son mac en vacances). Il est revenu une heure plus tard avec une boîte de préso. No comment.
P.S.2 : tu as demandé, supplié, pleurniché...retour de l'horoscoperie vendredi prochain chez la blonde et ici.
P.S.3 : Chouyo change de crèmerie et tu la trouveras désormais là.
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