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vendredi, 29 février 2008
La colo #7

Résumé du dernier épisode :
la jeune 400 clics a eu beau déchirer sa race aux JO de la Bourboule, ce sont les derniers qui ont été félicités car les derniers seront les premiers, c'est Saint-Marc qui l'a dit.
Pourtant, quand elle traînait à l'arrière de la colonne pendant les rando, elle se faisait avoiner par les monos qui lui donnaient 8 kgs de tomates à porter pour la peine.
Alors il faudrait savoir.
Après vous avoir narré de quelle façon Mère Pète-Sec s'occupait de nos jeunes âmes égarées, attelons-nous maintenant à vous expliquer de quelle manière elle traitait nos corps de jeunes pécheurs.
N'oublions pas que tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort et que tout ou presque était considéré comme superficiel et inutile.
Une fois ce contexte rappelé, nous pouvons avancer.
La nourriture d'abord.
Achetée en gros à la ferme pour les sous-produits animaux de base : lait, beurre.
Oh merveilleux, du lait et du beurre bio fermier tu vas me dire cher lecteur.
C'est oublier que nous avons grandi à l'heure de la pasteurisation et autre UHT. Ne serait-ce que pour éviter de crever de la listériose.
Des goûts aseptisés donc auxquels nous sommes habitués depuis notre plus tendre enfance des années 80.
Le beurre fermier arrivait en motte sur la table du petit déjeuner. Sentant le rance et la bête à 2 mètres.
Le lait arrivait direct du pis de la vache. Graisseux et puant à souhait.
Achetée à l'hyper pour le reste.
Le pire du pire de l'industriel à bas prix.
Tomates bataves poussées sous serre, dures comme du chien.
Et la viande...oh la viande...
Des kilos de langue de boeuf mangée sur plusieurs jours.
Petite j'adorais la langue de boeuf de maman. Le très bon boucher. Les meilleurs morceaux. Mijotés des heures dans une sauce rouge divine. Des tranches moelleuses et fondantes dans la bouche.
Là, imagine cher lecteur de la langue dure et râpeuse, bourrée de nerfs et de petits trous que sont les grosses veines coupées dans la largeur, cuisinée à l'eau.
Chaude le premier jour dans nos assiettes. Puis le lendemain, et le surlendemain, et le jour d'après, dans des sandwichs distribués en randonnée.
Là haut dans la clairière, dans un immonde haut-le-coeur, j'ai renvoyé la langue de boeuf froide, avant de balancer mon sandwich dans les hautes herbes. Dégoûtée de la langue de boeuf à tout jamais.
Parfois certains parents venaient jusqu'à la Bourboule. "Ils passaient par là" qu'ils disaient. Ils voulaient surtout vérifier si leur petit chéri était bien traité. Ces jours là, le chalet était briqué, et on mangeait bien, forcément. Et Mère Pète-Sec était d'une bienveillance exceptionnelle. Dommage, ça n'arrivait pas souvent.
Pour ce qui est de l'eau en randonnée, tu vas voir que la plus grande prudence était de mise et que les règles élémentaires d'hydratation étaient vraiment respectées.
Interdiction d'emporter sa propre gourde en randonnée.
Pourquoi, mystère. C'était comme ça. Il fallait donc attendre les pauses, parfois très éloignées, pour profiter d'une distribution collective et surveillée d'eau. Ration limitée - il fallait porter les bouteilles.
Passons sur toutes les sources découvertes à flanc de coteau auxquelles les enfants s'abreuvaient goulûment en loucedé, assoiffés, au risque d'attraper une chiasse mémorable.
Et puis un jour, la colo s'égare dans la montagne. Il est seize heures, plus personne ne sait où nous sommes. Les bouteilles d'eau sont vides depuis longtemps. Il reste une gourde de 1 litre, la gourde personnelle d'une monitrice.
Les mômes sont rouges, déshydratés. Les monos sont un peu en panique. La vétérante des monos, aussi moche dedans que dehors, Béatrix, nous aboie dessus :
- bon il ne reste qu'une gourde, qu'elle geint. On va faire passer la gourde. Chaque enfant boit une seule gorgée hein, attention! parce qu'on n'a plus d'eau.
La gourde passe de main en main. Chaque mouflet boit religieusement une seule gorgée d'eau. Mon tour arrive et je ne me désaltère que d'une gorgée, comme mes petits camarades. Des petits malins boivent une longue gorgée : ils se font immédiatement hurler dessus par Béatrix.
La gourde passe par Béatrix. Elle s'en saisit et boit dix longues gorgées. Pas un murmure, tout le monde est apeuré et torrorisé.
On repart et on marche tout droit, c'est encore le chemin le plus court pour tomber sur quelque chose.
Une heure plus tard, la colo arrive dans un minuscule village, pourvu d'une épicerie. Les monos fouillent leurs poches. Miracle, elles ont de l'argent. Assez pour acheter un vingtaine de bouteille d'eau, pour désaltérer tout le monde après des heures de rando.
Que s'est-il passé dans l'épicerie? Elles ressortent avec trois bouteilles de limonade artisanale. Bourrée de sucre, en quantité insuffisante pour une cinquantaine de gamins. Pas moyen de se réhydrater. Le cirque de la restriction recommence.
A croire que ça faisait jouir Béatrix.
Dont je verrais avec horreur la touffe noire déborder abondamment de son bikini lors de la prochaine baignade dominicale au lac.
A vous rendre hétérosexuelle 100% dès 9 ans.
Tout le monde est épuisé. Mère Pète-Sec est appelée aux Faucons et nous seront tous ramenés par Soeur Marie-Poireau via plusieurs voyages successifs dans le combi orange.
Les soins médicaux ensuite.
Les Faucons sont pourvus d'une minuscule infirmerie, tenue par une bonne soeur qui, disons, n'a plus toute sa tête. Soeur Marie-Folasse. Elle semble toujours un peu partie. Elle ne répond pas toujours quand on lui parle. Elle reste enfermée toute la journée dans l'infirmerie. Je pense que ses capacités médicales sont aussi élevées que celles d'une enfant de 6 ans.
Mais je te l'ai dit petit lecteur, aux Faucons, c'est sécurité first.
Soeur Marie-Folasse a une passion. Peu onéreuse. Le Mercurochrome.
Tout est bon pour se faire passer un petit coup de Mercurochrome.
Tu tombes? Mercurochrome. Ca gratte? Mercurochrome. Ca pique? Mercurochrome. Ca bleuit? Mercurochrome.
J'ai vu une de mes voisines de chambrée se taper de magnifiques dartres sur le visage, qui auraient mérité un A/R chez le dermato le plus proche. Tout au moins le généraliste du coin. Allons-nous dépenser de l'argent pour ces enfants? Que nenni. Devine ce que Soeur Marie-Folasse lui a mis sur la tronche?
Au moins elle a eu de belles couleurs jusqu'à la fin de la colo.
Parlons enfin de cette splendide épidémie de poux qui a sévi dès les premiers jours du mois.
Acheter des shampooings anti-poux? Pas au budget! Les monos ont eu beau pleurer auprès de Mère-Pète sec, elle n'a pas lâché un franc pour épurer ces chères têtes blondes.
Les monos ont cassé leur tirelire pour acheter des litres de vinaigre. Je peux te dire qu'on a pleuré sous la douche, les yeux brûlés par le vinaigre pur.
La prochaine fois : épilogue.
13:40 Publié dans La Colo | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mes folles vacances en communauté la bourboule, comment devenir végétarienne, comment devenir anti-cléricale
jeudi, 28 février 2008
Golden Requêtes 02/08
Rappel : tous les mois je decerne à l'instar de l'Académie des César des Golden Requêtes divers et variés par le truchement d'un jury aussi pluriel qu'impartial : moi.
Catégorie V'là la hype
Cher lecteur, tu dois en être averti. Les 400 clics sont désormais plus qu'un haut lieu de la polémique écologique.
C'est désormais une plaque tournante pour les adeptes de la tecktonik et autres esthètes captivés par ce mouvement social de fond auprès de la population des 12-24.
Lecon de tektonik. Oui alors avant de te mettre du Vivelle Dop n'oublie pas de réviser la leçon sur les cédilles. Sinon ça veut dire autre chose.
Leçon de tecktonik. Ah c'est mieux. Même la teckto est bien orthographiée.
Lecon de tecktonik. Ah mais il recommence!
Leçon de tecktonik en ligne. Non écoute n'insiste pas. Je ne brancherai pas ma ouèbcam pour te faire une démonstration. J'ai ma dignité.
Comment créer un enchainement tecktonik. Enfin j'avais tout bien expliqué là...
Catégorie Marketing et Distribution
Je n'ai pourtant pas rédigé de billet sur mes courses au Carrouf. Ou sur Valérie Damidot et ses stickers immondes.
Parodie castorama. Oui c'est vrai que quand je bricole, c'est souvent une parodie.
auchan chou surgelé OGM. Achète bio coco.
Nuancier Leroy Merlin. Ben non plus désolée.
chifre d'affaire manix. Les chiffres d'affaires sont consultables sur des sites tout bien fait exprès. Alors steuplaît.
Catégorie Hot Sexe
baiser une blonde. Bah pourquoi pas. Les goûts et les couleurs...
baiser par hasard. Baiser, d'accord. Par hasard c'est plus conceptuel déjà. Ca demande éclairage moi je dis.
Catégorie Viens chez moi, j'habite chez une copine
400clics. C'est là, tu y es.
une blonde dans al ville. Tu vas al trouver àl si tu cliques sur el lien.
comment nettoyer plume de pintade. Moi je sais pas. Mais Soso, la reine des Pintades, hyper calée en cosméto comme elle est, elle va te répondre si tu lui demandes gentiment.
Catégorie Cinéma
Soyons clairs, il n'y aura pas de téléchargements illégaux sur les 400 clics. non mais.
breakfast at tiffany's film voir gratuitement. Tu raques le DVD j'te dis.
parfum d'yvonne photos capture. Bah non plus.
Catégorie Divers
stasie. Un incontounable depuis la création de ce blog. Comment quoi parfois ça sert les fautes d'ortograf.
l'horscope du 11/mars/2008. L'horoscope? Y'a celui des scorpionnes pour 2008 qu'est là, mais c'est au global hein. Le 11 mars là précisément je vois pas.
clichés voiture. Mon travail artistique enfin récompensé! mais oui mon loulou, viens ici...
et enfin...
GOLDEN REQUETE FEVRIER 2008
histoire drôle a la bourboule
Ami lecteur, dans mes bras! Et longue vie à la Bourboule!
10:01 Publié dans Les Golden Requêtes | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : requêtes google, bricolage, sexe, fausse route, tecktonik, la bourboule
mardi, 26 février 2008
I believe I can fly écolo

Ce 24 février, un boeing 747 affreté par Virgin a relié Londres à Amsterdam alimenté d'un mélange de 20% d'huile de noix de babassu et de noix de coco, et de 80% de kérosène classique.
L'objectif étant j'imagine de prouver qu'il est possible concilier maintien du traffic aérien actuel et réductions des émissions de CO2.
Pourtant, les biocarburants, encore plébiscités l'an passés par l'UE en 2007 se sont révelés être très décevants et particulièrement anti-écolo.
Décevants parce que leur utilisation ne permettrait de réduire les émissions de CO2 que de 3% selon l'OCDE.
Anti-écolo, car très prometteuse, portée aux nues et fortement subventionnée, leur culture s'est récemment beaucoup développée à travers le monde, notamment en Indonésie (j'en avais déjà parlé là à l'occasion du Grenelle), accélérant massivement la déforestation et la suppression des petits cultures locales.
Les biocarburants mettent donc à mal un moyen naturel de réguler les surplus de CO2 (les arbres, je t'avais expliqué comment compenser ton voyage en avion en achetant un "pack d'arbres" ici), suppriment la flore et la faune locales, et créent des déséquilibres économiques et alimentaires chez les autochtones.
Notre planète est déjà assez perturbée par nos activités sans lui rajouter tous les maux engendrés par une culture massive des biocarburants.
Penser écolo c'est à mon sens penser à de nouvelles techniques respectueuses de l'environnement actuel et naturel.
On sait par exemple aujourd'hui que l'énergie des vagues et des courants marins représente un potentiel énorme : énergie renouvelable, infinie, pas de CO2...Mais la mise en oeuvre des technologies liées à cette production demande encore nombre de R&D et investissements.
Davantage que déraciner quelques hectares de forêt au caterpillar en planter des graines, réalisable par tout un chacun.
Encore une fois, tant que nos gouvernements ne prendront pas ensemble les choses en main...
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Pour en savoir plus sur l'énergie des océans c'est par là
10:13 Publié dans Mon écologie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : co2, kérosène, virgin, pollution, écologie, environnement, énergie des vagues
vendredi, 22 février 2008
La colo #6
Résumé du dernier épisode :
Miss 400 a déprimé ses lecteurs avec une description de la colo qu'on dirait l'accueil d'Alcatraz.
Ne vous déplaise, elle va poursuivre. Dans la joie et la bonne humeur. Certes!
La colo était donc rythmée par ses répétitives activités. Rando-macramé. Macramé-Rando. Les activités étaient rarement mixtes.
Durant les rando qui me semblaient interminables, la colonne se structurait de la façon suivante :
en tête, les mono, qui racontaient leur vie. C'est là que j'ai appris que Marie-Cruche, notre monitrice, quadruplait son baccalauréat.
Autour d'elle et immédiatement à leur suite, les polardes. Des petites demoiselles appliquées et impliquées dans toutes les activités proposées, fayottes en diable plein, petits soldats perpétuellement lancés dans une grande opération séduction des généraux (Mère Pète-Sec et Soeur Marie-Poireau), de leurs sous-officiers (les monos) et même de la cantinière (Bernadette, la cuisinière).
Evidemment ma durée de vie dans ce groupe a été de moins de 20 minutes.
J'ai vite rejoint le peleton de queue, bien derrière, embrouillé, brinquebalant, avançant cahin-caha sur les chemins boueux, formé d'une poignée de jeunes dissidentes et autres parias de tout âge.
Une petite boulotte rigolote - pas le bon physique. Une bretonne bretonnisante - une étrangère. Une protestante - l'ennemie héréditaire, etc.
On rigolait bien. On fomentait des plans de révolutions. On ourdissait des complots anti-monos. On échafaudait des tactiques de fuites. On s'arrêtait au gré des tapis de mousse sous les sapins.
Et comme on était à la traîne, on nous lestait des énormes sacs à dos contenant le pique-nique de la colonne (soient plusieurs kilos de tomates, de pommes et de sandwichs).
Ca nous apprendra à ne pas avancer.
On arrivait encore plus tard. Quand tout le monde nous attendait attendait son casse-croûte dans la clairière depuis 30 minutes.
C'était tellement dégueu que l'idée même d'en piquer en loucedé ne nous effleurait pas.
J'y reviendrais.
Et puis tout était compté au môme près.
Le seul truc marrant des rando étaient les chants entonnés par toute la colonne, à qui braillerait le plus fort. Y'en avait un que j'aimais particulièrement parce qu'il était rigolo. Mais on ne pouvait pas le chanter devant Mère Péte-Sec et Soeur Marie-Poireau. Trop vulgaire.
Calme-toi c'était pas non plus Bali-Balo (un autre grand morceau du répertoire de la collectivité égrillarde).
Un régiment de fromages blannnnnnncs
S'en va-t-en guèèèèèèrre
Cont' les camebèèèèèrts
Le Port-Salut n'a pas vouluuuuu
Que le roquefort soit le plus fooooort
Les mouches crevées font les blessééés
Les asticots hissent le drapeauuuuu
Voilà l'histoire est terminéééééééée
Il va falloir la r'commenceeeeeeerr
(ad libitum)
Evidemment il y avait dans le même style l'incontournable :
Un jour en colonie, la si, la sol,
un jour en colonie la si la sol fa mi.
On sautait sur les lits, la si la sol,
On sautait sur les lits, la si la sol fa mi
La directrice arrive, la si, la sol,
La directrice arrive, la si, la sol fa mi
Qu'est-ce que vous faites ici ? la si, la sol,
Qu'est-ce que vous faites ici ? la si, la sol, fa mi
On saute sur les lits ! la si, la sol,
On saute sur les lits ! la si, la sol, fa mi
Vous s'rez privés de dessert ! la si, la sol,
Vous s'rez privés de dessert ! la si, la sol, fa mi
Le dessert ça écoeure ! la si, la sol,
Le dessert ça écoeure ! la si, la sol, fa mi
Vous s'rez privés d'promenade ! la si, la sol,
Vous s'rez privés d'promenade ! la si, la sol, fa mi
La promenade ça fatigue ! la si, la sol,
La promenade ça fatigue ! la si, la sol, fa mi
Vous s'rez tous renvoyés ! la si, la sol,
Vous s'rez tous renvoyés ! la si, la sol, fa mi !
C'est ce qu'on attendait ! la si, la sol,
C'est ce qu'on attendait ! la si, la sol, fa mi !
Disons le tout net. Carrément Révolutionnaire.
Les activités manuelles dataient d'un autre âge. Macramé, papier mâché et autre tricot, qui n'était pas encore reviendu à la mode mais connotait sévèrement Tante Jacqueline.
La dernière année, je suis allée voir Mère Pète-Sec. Je lui ai proposé un atelier Bracelet Brésilien, animé par mes soins. J'ai dû lui faire une démo en direct live (je touchais ma bille à l'époque en bracelet brésilien). Eh ben tu sais quoi petit lecteur. Elle a accepté et j'ai animé mon atelier tout le mois.
Comme quoi on peut être bonne soeur et progressiste.
Nan c'est un joke.
Enfin si tu as bien observé le retro-planning, tu as remarqué petit lecteur que le dimanche après-midi y'avait rien de prévu. Quoi, une plage de liberté? Oui, pour Mère Pète-Sec et son sens de l'impro légendaire.
Un des ces dimanches, Mère Pète -Sec en verve après le déjeuner annonce fièrement des jeux olympiques pour l'après midi.
Chaque enfant la jouera solo et exercera ses talents à travers plusieurs épreuves.
Au final, il y a aura un classement. Les 3 meilleurs recevront un prix.
Mère Pète-Sec dévoile 3 coffrets d'aquarelle. J'aimais déjà beaucoup dessiner à l'époque et je m'en pourlèche les babines.
Me voici donc surmotivée. J'explose les performances en saut en longueur, course en sac, roulades et autres marches en canard.
Je termine l'après-midi épuisée, mais ravie. Je suis deuxième. A moi l'aquarelle!
Mère Pète-Sec, comme à son habitude, nous rassemble au pied des marches, dans le jardin. Elle tient les trois boîtes d'aquarelle dans ses bras.
Elle demande le silence :
- Mes enfants, bravo pour votre participation à nos jeux olympiques des Faucons!
Certains d'entre vous ont bataillé ferme pour gagner, et ils y sont parvenus!
Miss 400 ne peut réprimer un fier sourire.
- Mais de quel droit aujourd'hui j'offrirais ces prix aux meilleurs d'entre vous?
Les plus faibles doivent ils être punis de leur faiblesse?
Miss 400 ne sourit plus.
- En effet, comme Saint-Marc l'a dit : "Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers."
Mère Pète-Sec se saisit du classement des enfants issus des épreuves de l'après midi et poursuit :
- J'appelle donc les trois derniers : Emilie, Raphaël et Anne-Sophie. Vous êtes les trois derniers, et vous recevez les boîtes d'aquarelle.
Confus, réprimant un sourire, les trois jambes cassées montent les marches pour se saisir de MON prix.
Les monos se regardent de travers.
Les deux autres gagnants et moi nous nous regardons également bizarrement.
Tout le monde finit par applaudir, un peu gêné.
La colo catho, c'est aussi ça!
To be continued...
10:08 Publié dans La Colo | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chansons paillardes, randonnées, les derniers seront les premiers
mardi, 19 février 2008
La colo #5
Résumé du dernier épisode :
A la fraîche dans le réfectoire, Mère Pète-Sec dévoile un colo-planning presque digne du film Magdalena's Sisters, où que la jeune et frêle Miss 400 comprend qu'à la très catholique colonie de vacances Les Faucons, ça va pas être la fête du slip tous les jours.
Ayant proféré la bonne parole, Mère Pète-Sec nous informe qu'elle nous laisse terminer notre petit déjeuner, défaire nos valises dans les dortoirs et voir quelques menus détails pratiques avec notre monitrice.
Les Aiglons sont chargés de desservir les tables.
Nous, les Buses, on monte accompagnées de notre mono, Marie-Cruche dans l'un des dortoirs de filles.
C'est une grande pièce rectangulaire meublée d'une trentaine de lits, avec une grande fenêtre tout au fond.
Les anciennes de notre groupe se ruent sur les lits du fond, loin de la porte d'où s'effectue la surveillance nocturne.
Je me retrouve un peu niaise et à la traîne, obligée d'occuper l'un des lits de l'entrée.
Genre lits d'armée, en métal, au matelas mince, à la couverture pelée, qui grincent de concert toute la nuit au moindre mouvement.
On range quelques affaires dans le petit placard personnel qui surplombe chacun des lits.
Marie-Cruche procède au prélèvement de notre argent de poche.
Il nous est purement et simplement ôté pour éviter que nous nous livrions à quelques débauches inutiles et superfétatoires.
Je ne vois pas où et quand vu qu'on ne nous laissera pas seules 3 minutes en un mois.
Mais c'est un principe.
Bien entendu il nous sera rendu le dernier jour.
Pour que nous puissions, sous la surveillance de Soeur Marie-Poireau et de nos monitrices, acquérir un cadeau pour notre papa et notre maman, en souvenir de la Bourboule, afin de leur montrer que nous les aimons et que nous les remercions pour ces merveilleuses vacances.
Un chamois en bois sculpté Made in China avec son petit thermomètre estampillé Souvenir de la Bourboule.
Une marmotte en plastique revêtue de cette espèce de poudre brillante qui change de couleur (rose, bleu, violet) en fonction du temps. Qui une fois ramenée à Paris restera obstinément bloquée sur le rose. Elle n'a pas aimée le changement de climat. Et reste au fond d'un placard tellement c'est rien moche.
Je planque 30 Francs en pièce de 10 balles dans le fond de ma valoche et je file le reste.
Non mais.
Mais comme le Mal doit être maté en chacune de nous, je serai dans les jours suivants dénoncée par ma voisine de chambrée.
Et Marie-Cruche, nous demande de mettre nos habits de colo.
Sur la liste très exhaustive des différents habits et accessoires que nous devions emporter figurait en effet ce léger détail.
Par souci de reconnaissance, et afin de ne pas égarer ses brebis, Mère Pète-Sec exige en effet que chaque enfant porte un bermuda blanc (pas de short - fournir 3 exemplaires), un tee-shirt ou polo bleu marine (fournir 6 exemplaires), ainsi qu'un bob également bleu marine.
Les enfants mâles les plus dissidents portent une casquette. Bleue marine.
Le dimanche le populaire T-shirt est remplacé par une chemise ou un chemisier de la même couleur. Pour la messe.
Dès le lendemain, lors de notre première traversée de la Bourboule pour rejoindre quelque GR* égaré, je comprends qu'au milieu des sapins et de la montagne, notre tenue bleue marine est quelque peu incongrue.
Les mousses qu'ils nous appellent les habitants en rigolant à chaque fois qu'on sort.
"Ah ah ah c'est la colonie des Ptits Mousses!"
"Tiens les Mousses sont de sortie aujourd'hui!"
"Alors, comment vont les Mousses cette année?"
C'est sûr qu'avec cette tenue on aurait été plus raccord à Port-la-Moule.

To be continued...
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* chemin de Grande Randonnée (note à l'attention de mes lecteurs urbains attardés)
**Merci à l'un de mes fidèles lecteurs Goddy qu'a un blog sur l'immobilier et qui a tripoté Photoshop fouillé dans son bréviaire pour me faire parvenir une enluminure de Saint-Jean-La-Trique, saint qui a su susciter tout votre intérêt dans cette précédente note.
10:00 Publié dans La Colo | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alcatraz, maison de redressement, j'élève mon enfant, je confesse mes péchés, je t'absous jeune pécheresse
samedi, 16 février 2008
La colo #4

Résumé du dernier épisode :
Miss 400 clics a été poussée par les vicissitudes de la vie à voyager sur du skaï orange dans un train corail en direction de Bourboule-les-bonnes-soeurs, nourrie d'une barquette abricot et d'un sandwich graisseux qu'à côté Lina's c'est le Grand Véfour, au milieu de fratries et cousinades soudées et imperméables qui se retrouvent tous les samedis pour une vènerie inoubliable en Sologne, de jeunes obèses mégalomanes et de monitrices fauchées, aigries et mal baiz'.
A 7h00, après une nuit agitée et inconfortable, bien loin de mon Epeda douillet, une monitrice au visage chiffonné passe un carton sous le bras nous distribuer un croissant industriel flétri.
Mes petites camarades en profitent pour entamer leur paquet de BN.
Enfin nous arrivons à la Bourboule. C'est parti pour 3/4 d'heure de marche matinale en direction du chalet LES FAUCONS, pendant que nos bagages suivent en combi wolkswagen orange (c'est raccord avec le train) conduit par la sous-directrice, soeur Marie-Poireau.
Le chalet est plutôt une grande bâtisse années 70 sur trois niveaux qui ne ressemble à pas grand chose.
Au milieu des sapins, avec quelques poutres en bois apparentes de ci, de là, ça peut faire chalet, en effet.
On nous réunit dans le jardin, devant l'entrée. La directrice, mère Pète-sec, assistée de sa sous-directrice, Soeur Marie-Poireau, nous fait solennellement un petit discours de bienvenue en haut des marches. Elle nous informe dans un grand sourire et un enthousiasme de commande que le cri de ralliement de la colonie des FAUCONS sera cette année :
LES FAUCONS, ON EST DES CHAMPIONS!
Nous reprenons tous le motto.
Et là, je me sens de moins en moins à ma place...
Pas très humble ça pour des cathos. Et le plan comme quoi les derniers seront les premiers alors??
Mais tu verras petit lecteur que cet ordre sera bientôt rétabli dans un prochain épisode...
La directrice appelle les différents groupes d'enfants formés par ses soins, indiquant à chacun quelle sera sa monitrice pour la durée de la colo.
Les mômes sont regroupés par âge, et par sexe. Je me retrouve donc dans un groupe d'une douzaine de petites filles de 8 à 10 ans. Affublé d'une monitrice souriant bêtement. A l'air vraiment cruchot.
Marie-Cruche.
Notre groupe s'appelle LES BUSES.
Les plus petits s'appellent les POUSSINS. Il y a aussi les AIGLONS. Evidemment, au sommet de la hierarchie, c'est les FAUCONS.
Mère Pète-sec nous invite à entrer à l'intérieur pour prendre un bon petit déjeuner réconfortant.
Le rez-de-chaussée est occupé par le grand réfectoire, les cuisines, la salle de douches commune, et le bureau de la directrice, Mère Pète-sec.
Le premier étage est composé du dortoir des filles et des chambres des monitrices.
Le deuxième étage, c'est le dortoir des garçons. Moins nombreux car si on accepte les filles jusqu'à 14 ans aux FAUCONS, les garçons sont interdits de cité dès 10 ans.
Autant tenir le Malin loin des dortoirs.
C'est que certains petits salopiots pratiquent l'onanisme dès le plus jeune âge.
Là où ces demoiselles savent rester pures.
Le réfectoire est composé de grande tables rectangulaires. Chaque groupe a sa table, chaque enfant a une place désignée qui lui est propre et qui restera la sienne durant tout le séjour.
Pendant que nous petit-déjeunons et que mes petites camarades se lancent dans une grande opération séduction de notre monitrice, Marie-Cruche, Mère Pète-Sec poursuit son discours de présentation.
Elle nous renseigne sur le déroulé des activités de la colo.
Dévoilant un planning à rallonge sur paper board.
* 7h00 à 7h30 : réveil, habillage et descente au réfectoire.
* 7h15 : mise en place du couvert par le groupe d'astreinte Couverts du jour
* 7h30 à 7h45 : petit-déjeuner
* 7h45 à 8h00 : desserte des tables et vaisselle par le groupe d'astreinte Desserte et Vaisselle du jour
* 8h00 : rassemblement dans le jardin. Prière en plein air.
* 8h15-8h45 : temps libre
* 8h45 : activité du jour
- Lundi, mercredi, jeudi, vendredi : balade en montagne (itinéraires variés jusqu'à La Croix du Mont-Gland, le Sanctuaire de Sainte-Marie-de-la-Touffe, la Fontaine de Saint-Prépuce ou la Chapelle de Saint-Jean-la-Trique)
- Mardi, samedi : ateliers créatifs (macramé, poterie, pyrogravure, Santons en papier mâché)
- Dimanche : départ pour la messe de 9h30. (Un effort vestimentaire est demandé : pas de short. Pantalon long pour les garçons, jupes pour les filles. La longueur au genoux est requise. Chemise ou chemisier propre obligatoire).
* 11h45 : mise en place du couvert par le groupe d'astreinte Couverts du jour
* 12h00 : prière et déjeuner (lundi, mercredi, jeudi, vendredi : pique-nique en montagne)
* 13h00 : desserte des tables et vaisselle par le groupe d'astreinte Desserte et Vaisselle du jour
* 14h00 : suite de l'activité du jour
* 18h00 : douche. ll est obligatoire de se laver les cheveux tous les samedis.
* 18h45 : mise en place du couvert par le groupe d'astreinte Couverts du jour
* 19h00 : prière et dîner
* 19h45 : desserte des tables et vaisselle par le groupe d'astreinte Desserte et Vaisselle du jour
* 20h00 : lecture dans les dortoirs
* 20h30 : extinction des feux
Sauf le mercredi : veillée chrétienne (chants, prières et réflexion) de 20h00 à 22h00.
Mais ...Où qu'il est le soir des boums (où que je vais pouvoir enfin sortir avec un garçon comme Vic dans le film éponyme) et des chasses au Trésor nocturne (où qu'on va aller chasser le DAHU)??
To be continued...
mercredi, 13 février 2008
La colo #3
Résumé du dernier épisode : rien à faire, Miss400 clics a été trop relou avec sa famille, elle a bien mérité son envoi en train corail de nuit chez les bonnes soeurs à la Bourboule.
(Un peu short mais c'est un résumé en même temps. Avec le taf de ouf que je me tape, tu vas pas commencer à te plaindre, je suis quand même au poste pour te pondre la suite de mes merveilleuses aventures enfantines).
C'est le mégasouk sur le quai. Les mômes s'interpellent, les mamans bavassent entre elles avec des petits derniers braillards dans des poussettes, ça court un peu partout. Une monitrice, les cheveux frisés et la tronche en biais, genre mal baisée, arrive vers nous avec un listing.
Elle demande mon nom et me propose d'un ton glacial de monter dans le wagon des filles pour me trouver une place.
Je fais ostensiblement la gueule pour bien montrer mon mécontentement à ma mère. Elle me fait des recommandations d'usage, c'est-à-dire d'être bien sage et bien obéissante. La monitrice prend ma valise, étiquettée à mon nom et avec l'adresse de destination bien visible.
COLONIE LES FAUCONS
Chemin des Sapins Verts
LA BOURBOULE
Dans le train, je remonte le wagon, à la recherche d'un siège. Ils sont déjà presque tous occupés. Je m'aperçois que tout le monde s'interpelle et se connaît. Je me rendrais compte plus tard qu'il y a surtout des fratries à rallonge, comme chez tous les bourgeois, des cousinades, et des enfants dont les parents se connaissent eux-mêmes depuis le lycée.
Quand j'avise un fauteuil libre, on me répond qu'il est occupé, que c'est celui de la copine, de la soeur, ou plus subtil, il y a une poupée dessus, ou un scoubidou en cours, ou un numéro de J'aime Lire qui fait acte de réservation.
J'arrive en tête du wagon, dans la partie des exclus, des rebus, des petits nouveaux timides. Personne ne veut de ces places, car les premiers sièges, juste devant, sont occupés par les monos en charge de nous surveiller ce soir, toute la nuit, et jusqu'à notre arrivée en gare de La Bourboule le lendemain matin.
J'avise un siège libre, à côté d'une ado moche, très grosse, boutonneuse, les cheveux luisants. Elle me propose gentiment de m'assoir à côté d'elle la bouche pleine de barquettes 3 chatons.
Je suis à peine assise que tout le monde entre dans les wagons réservés pour la colo dans un grand mouvement général. Le quai se vide des enfants, il ne reste plus que les mono qui hissent les dernières valises et les mamans qui envoient des bisous à leur progéniture à travers les vitres.
Le train s'ébranle. A cet instant, le wagon entier extirpe de son sac un monceau de victuailles sucrées à souhait : bonbons, chocolat, biscuits secs, gâteaux maison fait par des mamans attentionnées, et autres carambars et malabars.
Et moi je n'ai rien : sur les papiers envoyés par la colo, après la liste des vêtements à emporter, le règlement, le récap des activités, il y avait une notice concernant le voyage : le pique-nique du soir et le petit déjeuner seront distribués dans le train.
Erreur fondamentale N°1 :
je ne possède aucune marchandise capable de m'attirer les grâces de mes petites camarades et des monos, et rien pour faire du troc non plus. On m'offrira un biscuit et basta.
L'année suivante je viendrais avec un bon kilo de cochonneries diverses.
Erreur fondamentale N°2 :
je vais devoir me taper le sandwich demi-baguette mou, au jambon nerveux et gras, que même mon chien il mange mieux à la maison, et basta. Mais à ce moment, je ne le sais pas encore.
L'année suivante je viendrais avec mes chips Flodor et mon sandwich.
Ma voisine, car c'est elle, m'offre de bonne grâce une barquette. En finissant joyeusement le paquet entier, elle me parle d'elle la bouche pleine.
Je la trouve très imbus d'elle même, très sûre d'elle, et je sens qu'il ne faut pas trop que je me la ramène, d'ailleurs elle ne m'en donne pas l'occasion.
Sa tirade interminable se termine pourtant sur son avenir professionnel, promis à un grand succès et une grande notoriété.
Elle va devenir mannequin.
A New York. USA.
Je la regarde un peu sceptique. J'ai neuf ans et une notion de l'esthétique un peu fluctuante encore, les mannequins ne s'appellent pas encore des Tops et ne font pas la une de tous les journaux (80's obligent), mais je me dis que, quand même, les mannequins sont autrement gaulées que cette mocheté aux cheveux gras. Et s'auto-proclamer à 13 ans futur mannequin worldwild, y'en a qui doute de rien.
A moins d'un coup de baguette magique providentiel, ça risquait d'être difficile.
Je tente, prudememment :
- mais euuuuhh...les mannequins, elles sont pas très minces?
L'autre ne se laisse pas démonter, et me répond, quand même un peu pincée :
- c'est la faute à mon diététicien qui a fait n'importe quoi ! Mais avec ma mère on va en changer, et je vais redevenir très mince, aucun problème.
Sur ce, elle ouvre un autre paquet de gâteaux (sans m'en proposer), visse son Walkman sur ses oreilles, sort son jeu électronique Donkey Kong et me laisse croupir dans ma médiocrité.
To be continued...
13:30 Publié dans La Colo | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bonbons, esquimaux et chocolats, mannequinat, pot-de-vin, comment graisser la patte, comment se faire des amis
lundi, 11 février 2008
La colo #2
Résumé du dernier épisode : Miss400 était une jolie enfant qui ne connaissait encore rien à l'écologie à part quelques expériences douteuses avec les insectes qui consistaient à verser le contenu d'un arrosoir entier à l'entrée des fourmilières dans le jardin en vacances pour observer les fourmis se barrer en totale panique dans toutes les directions. Nihiliste dans l'âme, elle donc était fort agitée et ses parents décidèrent de l'expédier annuellement en colonie.
Malgré mon jeune âge, j'avais conscience que mise en collectivité dirigée était égale à punition.
En bonne fille unique, il n'y avait rien que je redoutais le plus. Et à chaque mauvaise note, on me menaçait de me mettre en pension.
Je te l'ai dit petit lecteur, chez moi ça déconnait pas.
Il était donc logique que ma dissipation durant mes périodes de loisirs me conduise directement à la Bourboule.
Car la colonie était située à la Bourboule.
Et pas n'importe quelle colonie.
Mes copines de classe me parlaient de leurs expériences en colonie. Laïques. Celles du CE de l'entreprise de papa ou de l'association de quartier.
Genre boums tous les vendredis soirs (avec smacks à la clef), chasses au trésor (avec super lots marketés par les sponsors de l'agro-alimentaires), et autres rigolasseries permissives.
Mes parents ne m'ont pas mis en colo pour que je rigole.
Ils m'ont mis en colo pour que je me calme.
Donc ils ont trouvé la (probablement) seule colo dirigée par des bonnes soeurs.
J'ai tout de suite senti que j'allais pas franchement m'éclater à coup de coca, de Régalad' de Krema, de slows et de bisous sans la langue.
J'ai chouiné, promis, coléré, cajolé. Rien n'y a fait.
Le premier août, j'étais sur le quai de la gare, avec ma valise, ma mère inflexible, devant le train Corail et au milieu d'une bande hurlante d'une centaine de gamins de tous âges, apportés là en grappes et en break par des mères longilignes en catogan, serre tête en velours, et bermuda beige.
Et moi qui faisais une tronche de trois kilomètres...
To be continued...
22:19 Publié dans La Colo | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la bourboule, colonie de vacances, bétaillère, vive la communauté
vendredi, 08 février 2008
La colo #1
Quand j'étais petite, je n'étais pas grande.Certes.
J'étais surtout une gamine avec un caractère bien trempé.
Note que ça n'a pas changé.
Généralement ça ne s'améliore pas avec le temps.
C'est comme ça qu'on finit végétarienne ou membre de Greenpeace France.
Et puis j'étais du genre plutôt survoltée.
Le matin je me réveillais avant 7 heures (souvent même vers 6 heures) parce que j'avais des trucs hyper importants à faire.
Genre reprendre mon histoire inventée avec mes Playmobils là où j'en étais restée la veille.
En fait le papa et la maman vont chercher leur enfant à la garderie mais il s'est fait enlever par un bandit masqué.
Ou il est mort en tombant de la balançoire.
Variante :
La guerre est déclarée entre la tribu des peaux-rouges et celle des indiens de la rivière bleue. Ces chiens vont nous attendre dans la montagne. On va les scalper. Il faut déterrer le calumet de la paix de dessous le tapis de la chambre.
(Note pour les parents attardés : le Playmobil et ses cheveux en plastique amovibles se prêtent particulièrement bien à la coutume indienne du scalp)
(Note pour les parents attardés #2 : l'anachronisme est une notion qui pose problème à partir de 10 ans. Avant, vous pouvez acheter pour jeu simultané des boîtes Playmobils Pirates, Cow-Boy, Cosmonautes, Belle-époque. Ca oblige à encore plus de créativité)
Evidemment je mimais les cris épouvantés de la maman Playmobil ou les hurlements d'attaque des peaux-rouges dans la montagne.
A 06H42. Le dimanche.
Attends, il faut rester crédible quand même.
C'est ptete pour ça maintenant que j'adore le cinéma.
Tu noteras que j'avais quand même une certaine violence à exprimer.
Merci les Playmobils. J'aurais pu finir psychopathe.
Au global, j'étais (paraît-il) assez pénible dans la durée.
Mes parents ils adoraient me refourguer en vacances à droite et à gauche. Ou le dimanche après-midi chez mes copines.
Il faut dire qu'en société j'étais une petite fille polie et tout. Genre je disais Bonjour Madame, Merci madame, Au revoir Madame, sans bouger une oreille.
C'est qu'à l'école (privée, bien évidemment) où j'étais, et à la maison, ça déconnait pas sur la politesse.
C'est ptete pour ça maintenant que j'adore jurer comme un charretier.
N'empêche que quand j'étais invitée je faisais hyper attention à mes bonnes manières. Enfin au moins les trois premières heures.
On disait : "Oh la jolie petite fille! Qu'est-ce qu'elle est sage!"
Après je faisais sortir d'un coup l'énergie contenue.
On disait : "Oh votre fille est mignonne. Mais qu'est-ce qu'elle est turbulente!"
Bref, après quelques années de ce régime, mes parents ont décidé de m'envoyer en colonie de vacances tous les ans.
Tout un mois.
Et ça, ça m'a pas plu du tout.
To be continued...
10:00 Publié dans La Colo | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ah la jolies colonies de vacances, merci maman merci papa, tous les ans je voudrais qu'ça r'commence
mercredi, 06 février 2008
Didine
Réalisateur : Vincent Dietschy
18:40 Publié dans Cinéma & more | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : comédie, critiques, cinéma, géraldine pailhas, célibat, amour






























