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vendredi, 22 février 2008

La colo #6

Résumé du dernier épisode :

Miss 400 a déprimé ses lecteurs avec une description de la colo qu'on dirait l'accueil d'Alcatraz.

Ne vous déplaise, elle va poursuivre. Dans la joie et la bonne humeur. Certes!

 

La colo était donc rythmée par ses répétitives activités. Rando-macramé. Macramé-Rando. Les activités étaient rarement mixtes.

 

Durant les rando qui me semblaient interminables, la colonne se structurait de la façon suivante :

en tête, les mono, qui racontaient leur vie. C'est là que j'ai appris que Marie-Cruche, notre monitrice, quadruplait son baccalauréat

Autour d'elle et immédiatement à leur suite, les polardes. Des petites demoiselles appliquées et impliquées dans toutes les activités proposées, fayottes en diable plein, petits soldats perpétuellement lancés dans une grande opération séduction des généraux (Mère  Pète-Sec et Soeur Marie-Poireau), de leurs sous-officiers (les monos) et même de la cantinière (Bernadette, la cuisinière).

 

Evidemment ma durée de vie dans ce groupe a été de moins de 20 minutes.

J'ai vite rejoint le peleton de queue, bien derrière, embrouillé, brinquebalant, avançant cahin-caha sur les chemins boueux, formé d'une poignée de jeunes dissidentes et autres parias de tout âge.

Une petite boulotte rigolote - pas le bon physique. Une bretonne bretonnisante - une étrangère. Une protestante - l'ennemie héréditaire, etc.

 

On rigolait bien. On fomentait des plans de révolutions. On ourdissait des complots anti-monos. On échafaudait des tactiques de fuites. On s'arrêtait au gré des tapis de mousse sous les sapins.

Et comme on était à la traîne, on nous lestait des énormes sacs à dos contenant le pique-nique de la colonne (soient plusieurs kilos de tomates, de pommes et de sandwichs).

Ca nous apprendra à ne pas avancer.

On arrivait encore plus tard. Quand tout le monde nous attendait attendait son casse-croûte dans la clairière depuis 30 minutes.  

C'était tellement dégueu que l'idée même d'en piquer en loucedé ne nous effleurait pas.

J'y reviendrais.

Et puis tout était compté au môme près.  

 

 

Le seul truc marrant des rando étaient les chants entonnés par toute la colonne, à qui braillerait le plus fort. Y'en avait un que j'aimais particulièrement parce qu'il était rigolo. Mais on ne pouvait pas le chanter devant Mère Péte-Sec et Soeur Marie-Poireau. Trop vulgaire. 

Calme-toi c'était pas non plus Bali-Balo (un autre grand morceau du répertoire de la collectivité égrillarde).

 

Un régiment de fromages blannnnnnncs

S'en va-t-en guèèèèèèrre

Cont' les camebèèèèèrts

Le Port-Salut n'a pas vouluuuuu

Que le roquefort soit le plus fooooort

 

Les mouches crevées font les blessééés

Les asticots hissent le drapeauuuuu

Voilà l'histoire est terminéééééééée 

Il va falloir la r'commenceeeeeeerr

(ad libitum) 

 

Evidemment il y avait dans le même style l'incontournable :

 

Un jour en colonie, la si, la sol,
un jour en colonie la si la sol fa mi.  

On sautait sur les lits, la si la sol,
On sautait sur les lits, la si la sol fa mi  

La directrice arrive, la si, la sol,
La directrice arrive, la si, la sol fa mi  

Qu'est-ce que vous faites ici ? la si, la sol,
Qu'est-ce que vous faites ici ? la si, la sol, fa mi  

On saute sur les lits ! la si, la sol,
On saute sur les lits ! la si, la sol, fa mi  

Vous s'rez privés de dessert ! la si, la sol,
Vous s'rez privés de dessert ! la si, la sol, fa mi  

Le dessert ça écoeure ! la si, la sol,
Le dessert ça écoeure ! la si, la sol, fa mi  

Vous s'rez privés d'promenade ! la si, la sol,
Vous s'rez privés d'promenade ! la si, la sol, fa mi  

La promenade ça fatigue ! la si, la sol,
La promenade ça fatigue ! la si, la sol, fa mi  

Vous s'rez tous renvoyés ! la si, la sol,
Vous s'rez tous renvoyés ! la si, la sol, fa mi !  

C'est ce qu'on attendait ! la si, la sol,
C'est ce qu'on attendait ! la si, la sol, fa mi !

 

Disons le tout net. Carrément Révolutionnaire. 

 

 

Les activités manuelles dataient d'un autre âge. Macramé, papier mâché et autre tricot, qui n'était pas encore reviendu à la mode mais connotait sévèrement Tante Jacqueline.

La dernière année, je suis allée voir Mère Pète-Sec. Je lui ai proposé un atelier Bracelet Brésilien, animé par mes soins. J'ai dû lui faire une démo en direct live (je touchais ma bille à l'époque en bracelet brésilien). Eh ben tu sais quoi petit lecteur. Elle a accepté et j'ai animé mon atelier tout le mois.

Comme quoi on peut être bonne soeur et progressiste.

Nan c'est un joke.

 

 

Enfin si tu as bien observé le retro-planning, tu as remarqué petit lecteur que le dimanche après-midi y'avait rien de prévu. Quoi, une plage de liberté? Oui, pour Mère Pète-Sec et son sens de l'impro légendaire.

 

Un des ces dimanches, Mère Pète -Sec en verve après le déjeuner annonce fièrement des jeux olympiques pour l'après midi.

Chaque enfant la jouera solo et exercera ses talents à travers plusieurs épreuves.

 

Au final, il y a aura un classement. Les 3 meilleurs recevront un prix. 

Mère Pète-Sec dévoile 3 coffrets d'aquarelle. J'aimais déjà beaucoup dessiner à l'époque et je m'en pourlèche les babines.

Me voici donc surmotivée. J'explose les performances en saut en longueur, course en sac, roulades et autres marches en canard.

Je termine l'après-midi épuisée, mais ravie. Je suis deuxième. A moi l'aquarelle!

 

Mère Pète-Sec, comme à son habitude, nous rassemble au pied des marches, dans le jardin. Elle tient les trois boîtes d'aquarelle dans ses bras.

Elle demande le silence : 

- Mes enfants, bravo pour votre participation à nos jeux olympiques des Faucons!

Certains d'entre vous ont bataillé ferme pour gagner, et ils y sont parvenus!

Miss 400 ne peut réprimer un fier sourire.

 

- Mais de quel droit aujourd'hui j'offrirais ces prix aux meilleurs d'entre vous?

Les plus faibles doivent ils être punis de leur faiblesse?

Miss 400 ne sourit plus.

 

- En effet, comme Saint-Marc l'a dit : "Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers."

 

Mère Pète-Sec se saisit du classement des enfants issus des épreuves de l'après midi et poursuit :

- J'appelle donc les trois derniers : Emilie, Raphaël et Anne-Sophie. Vous êtes les trois derniers, et vous recevez les boîtes d'aquarelle.

 

Confus, réprimant un sourire, les trois jambes cassées montent les marches pour se saisir de MON prix.

Les monos se regardent de travers.

Les deux autres gagnants et moi nous nous regardons également bizarrement.

Tout le monde finit par applaudir, un peu gêné.

 

La colo catho, c'est aussi ça! 

 

To be continued... 

 

 

Trackbacks

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Commentaires

C'est dégueuuuu! Ca m'aurait mis les nerfs je pense un truc comme ça!

Pour les chanson j'ai eu peu un instant que tu nous sortes les "3 orfèvres"...mais non ce n'est pas pour les enfants :)

Ecrit par : Pivoine | vendredi, 22 février 2008

>Pivoine,
c'est quoi les 3 orfèvres??

Ecrit par : les400clics | vendredi, 22 février 2008

c'est une chanson paillarde :

http://www.chez.com/tital/chansons/ch4.html

Ecrit par : Pivoine | vendredi, 22 février 2008

>Pivoine,
mouarf...
j'aime beaucoup :
Chat, petit chat, chat, tu m’égratignes
Petit polisson tu m’égratignes les roustons.

Ecrit par : les400clics | vendredi, 22 février 2008

Nooooooooon ! Quelle garce cette femme !

Ecrit par : Lila | vendredi, 22 février 2008

>Lila,
mais enfin. C'est Une Sainte!

Ecrit par : les400clics | vendredi, 22 février 2008

moi ça m'aurait traumatisée, cette expérience, presqu'autant que lorsqu'on a essayé de légitimer la morale du fils prodigue. Ce qui est à moi est à moi et les faiblards peuvent tous crever, c'est pas mon problème. Tu lui as dézingué la tête à celui qui a piqué ton prix ? (n'empêche, c'est avec ce genre de choses qu'on apprend aux gens à en faire le minimum... Je connais un paquet de gens dans ma boite qu'on dû participer à ces jeux olympiquesà la bourboule)

Ecrit par : Une blonde dans la ville | vendredi, 22 février 2008

>Blonde,
c'est l'inverse de Nico Ier : travailler plus pour gagner...que dalle.
C'est sûr que ça motive...

Ecrit par : les400clics | vendredi, 22 février 2008

Mais, mais, mais, t'as jamais pensé à lui faire un croche-patte à la vieille bique. Et puis, le JO, c'est en équipe. A quoi ça sert la compet', à part à gagner. Non, mais.

Ecrit par : Bernie | samedi, 23 février 2008

Oh, la Salope !!!
C'est tout ce que j'ai à dire !

Ecrit par : Louise | samedi, 23 février 2008

>Bernie,
toi, tu n'as pas lu saint-marc! Dieu te pardonne.

>Louise,
rhoo. Point de blasphème, la sainte femme.

Ecrit par : les400clics | samedi, 23 février 2008

Comme quoi une erreur de timing peut parfois changer votre vie. Dommage, tu aurais participé au Jo de Pékin cette année, tu aurais eu le droit à de magnifiques aquarelles peintes avec le sang des opprimés politiques...

C'était mon moment hebdomadaire de pseudo-révolte.

Sans blague, j'pense que cet evenement t'a rendu service, il a fait de toi l'artiste peintre que tu es aujourd'hui, nourrissant ton art de frustration et de rage. Quoi de mieux ? ;)

Ecrit par : Blackmilk | lundi, 25 février 2008

>Blackmilk,
merci cher Blackmilk, je me sens moi seule, ça fait plus d'un an que je clame partout mon coup de gueule anti JO et que je passe pour une aigrie. La chine et l'afrique armée, la chine et ses 10.000 exécutions sommaires annuelles, une véritable honte pour les JO. Spielberg vient de faire son coming out à ce sujet, j'espère qu'il y aura un peu plus de mobilisation qu'actuellement.

Tu ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, n'est-il pas

Ecrit par : les400clics | lundi, 25 février 2008

Tu sais que tu pourrais en faire un film, genre les Choristes, avec costume, décors, flash back,... Box office assuré !

Ecrit par : Suffragettes | lundi, 25 février 2008

>Suffragettes,
tu crois? il me manque une fin un peu plus punchy que la mienne. Mère Pète-Sec meurt en haut des marches, frappée par la foudre divine? Empoisonnée par du vin de messe avarié? ...

Ecrit par : les400clics | lundi, 25 février 2008

L'horreur !!! Je souffre pour toi !!! j'aurais détesté !!!

Ecrit par : fanette | lundi, 25 février 2008

J'ai bien retrouvé des moments à peine caricaturaux dans cette note caustique mais néamoins authentique de la colonie catho .
Je n'ai jamais vécu ça enfant et je crois que j'aurais détesté , le collectif , les contraintes ,les monos mal dans leur pompes qui deversent leurs problèmes affectifs sur les enfants .
Par contre j'ai fait de nombreux centres en tant qu'animatrice ( pas catho , ni confessionnel ) avec des enfants issus de familles tuyau de Poêlle , je pourrais écrire un roman ..Par contre , avec les animateurs , il faut quand même avouer ,que quand on a 20 ans et que l'on vit 3 semaines , les uns avec les autres , ça crée du lien ,..voire plus ...
Le macramé ..les rando , les radeaux qui flottent pas ........BEUH !!!
par contre faire danser 70 gamins c'est autre chose , et les jeux de rôle grandeur nature , que des bons souvenirs ..

Ecrit par : Jeanne | mercredi, 27 février 2008

>Fanette,
heureusement, depuis, en vacances, j'ai bu des pimm's dans des palaces à l'autre bout du monde. Un clou chasse l'autre.

>Jeanne,
je pense qu'il y a de tout en matière d'enfance et loisirs...mais déjà que les gamins ne sont pas toujours tendres entre eux, si l'encadrement est sadique...

Ecrit par : les400clics | jeudi, 28 février 2008

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