samedi, 17 novembre 2007
Maman les pti bateaux
Dans Le Figaro de ce week-end, un surprenant article dans les pages SciencesMédecine, qui nous apprend que le trafic maritime pollue autant sinon plus l'atmosphère que la circulation aérienne.
Dieu sait pourtant que les avions avaient jusqu'à présent la plus mauvaise presse écologique.
On apprend ainsi que chaque année, rien de moins que 1,2 à 1,6 millions de tonnes de particules fines (j'ai une dent contre les particules, un problème grave que notre gouvernement traite efficacement par le mépris le plus absolu, voir mes notes qui abordent ce sujet, celle-là et encore celle-ci), 4,7 à 6,5 millions de tonnes de dioxyde de soufre et 5 à 6,9 millions de tonnes de dioxyde d'azote sont émis par les bateaux le long des golfes clairs des côtes habitées, où l'essentiel de la circulation maritime s'opère.
Nous voilà donc informés que l'on reprend grâce aux bateaux une bonne dose supplémentaire de particules qui pénètrent bien loin dans nos poumons. C'est vrai qu'habitant Paris, j'avais encore parfois la sensation que je n'avais pas encore tout à fait ma ration, ou encore même une pointe de jalousie envers nos amis bretons où manchots, enviant le bon air du large dont ils s'enivraient à longueur d'année, quand moi je me sentais obligée d'aller au bord de la reum une fois tous les six mois pour décrasser mes poumons en inspirant comme une dingue le nez au vent, au risque de me faire un décollement de la plèvre en direct sur la digue.
Quant aux dioxydes, c'est à elles que l'on doit les bonnes vieilles pluies acides. Les fiouls utilisés par les bateaux sont loin de faire dans le propre. Une fois brûlés, ils peuvent émettre jusqu'à 2.000 fois plus de dioxydes qu'un camion.
L'impact sanitaire de ces émanations a été évalué à 60.000 morts par an sur la planète, dont 25.000 en Europe. Car nous sommes très chanceux : la plupart du trafic s'effectue dans notre hémisphère, et les vents rabattent la pollution vers nos terres. Rien par rapport aux accident de la route me direz-vous. Mais je pense aussi et surtout au réchauffement.
A l'ère de la mondialisation, le trafic maritime est en augmentation constante. Aucune solution n'est donc envisagée dans cet article, ni envisageable.
On en revient donc toujours à des mesures internationales nécessaires mais irréalisables (pourquoi je paierais moi transporteur maritime privé français du fioul propre et cher si les autres et a fortiori les autres pays ne le font pas?) La grande problématique de fond du réchauffement climatique mondial.

15:55 Publié dans L'écologie de la 400 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : écologie, environnement, pollution, bateaux, C02, trafic maritime |
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